 Il est sans doute difficile de savoir quel élément isolé aurait permis au spectacle "A Table !" de la Cie Seo d'échapper à son funeste sort de mille-feuilles peu digeste.
L'invitation formulée ce vendredi au Casino a peiné à esquisser ne serait-ce qu'un tableau convaincant des promesses affichées, pour une ligne directrice qui n'a pas résisté bien longtemps aux accumulation musicales de Noir Désir, du Requiem de Mozart et de deux morceaux de la bande originale du film "Parle avec elle" de Pedro Almodovar.
Il aurait fallu sans doute un peu de liant à ces pas de danse pour nous permettre de rester intéressés par cette chorégraphie très classique, qui semble avoir fait des regards hagards son principal moteur dramatique. D'une lecture universelle des moments de tension ou d'érotisme liés aux agapes, la chorégraphe coréenne Misook Seo a essentiellement failli par sa difficulté à coordonner avec justesse la présence de 5 danseurs, difficilement concernés par les duos interchangeables et successifs de leurs camarades.
L'arrivée de la danseuse, dans du papier d'alu, ne changera guère le goût de l'ensemble, quand accompagnée par une sérénade de piano et de violon, que l'on croyait pourtant officiellement interdite en cuisine néo-classique dans sa forme la plus sirupeuse.
Mais des cris sont poussés par les danseurs, dont on craint qu'ils n'aient fait une mauvaise digestion des consignes de danse, avant que, débarrassés de leurs habits, ils ne quittent la salle sans bruit (et sans en rajouter).
Au final, "Qu'est-ce qu'on en retient ?", se demande pour lui-même (et une bonne partie du public) le chanteur Bertand Cantat. Laisser reposer l'ensemble et le recomposer parait être une première indication formulable poliment. |